L’inspection générale dévore les agents Jeunesse et Sports

Dans un contexte politique instable, marqué par l’autoritarisme politique et l’austérité pour le plus grand nombre, par un dangereux jeu politicien susceptible de fracturer les espoirs de progrès social autour du « totem » des retraites, l’inspection générale versant Jeunesse et Sports verse son jet d’huile sur le feu.  

Une attaque contre les métiers techniques et pédagogiques

Le rapport de l’inspection générale découvert par Solidaires JS (merci à eux de l’avoir rendu public) est une bombe de destruction du service public JS.

Remis en janvier 2025, maintenu confidentiel, il a été élaboré en 2023-2024. Le SNPJS avait demandé tout au long de l’année 2024 que les conclusions des travaux adéquation missions-moyens soient communiquées aux représentants des personnels. En vain. Pourtant l’administration ne cessait de se référer implicitement à ce rapport -à moins que ce ne soient les commandes- pour mettre un terme aux statuts et métiers de CEPJ et de prof de sport.

La fin des spécialités de CEPJ, les modifications des concours, la fusion des corps de PS et de CEPJ, l’ingénierie territoriale, la fin de l’instruction sur les contrats d’objectifs, le retour des préfets, tout a été instillé en séances de CSA ministériel ou en groupes de travail. La feuille de route est dévoilée, elle est déjà mise en œuvre. Que l’inspection générale se soit livrée à ce travail de casse témoigne de l’ampleur du ressentiment d’agents qui ont fait leur carrière à Jeunesse et Sport. Backlash ? Vengeance ? Soumission idéologique ?

Dans le cadre des discussions budgétaires actuelles, le gouvernement va puiser dans les recommandations de l’inspection générale de quoi mettre en œuvre l’austérité qu’il prône. Ce n’est pas encore la disparition, c’est la bifurcation régalienne.

Le retour dans les DDI

L’autre sujet d’inquiétudes est le courrier adressé par M. Bayrou à l’inspection générale pour mettre en œuvre le retour de Jeunesse et Sports dans le giron des préfectures. Le rapport est attendu pour la fin de ce mois. Compte tenu des conclusions du premier rapport des inspecteurs généraux, nul doute que ce second rapport servira d’argument au gouvernement pour justifier un retour de nos services en préfectures. Notre arrivée dans les rectorats a été ratée, mais pour autant, revenir en DDI signifie la fin des ambitions éducatives pour Jeunesse et Sports. Cela signifie aussi le contrat d’engagement républicain XXL.

L’heure est grave. Une réaction intersyndicale est indispensable

Les collègues de l’UNSA et de Solidaires ont réagi en s’adressant à tous les agents. Les premiers préparent une adresse à la ministre. Les second une AG en visio. Nous pensons que ces initiatives sont nécessaires.

Nous considérons qu’il convient de mener cette bataille de manière unitaire.

Le SNPJS propose aux autres syndicats représentés au CSAM JS de boycotter la séance du 6 novembre, de tenir à sa place une intersyndicale la plus large possible et d’imposer à la ministre un débat préalable sur la fonction et les suites réservées à ce rapport « scélérat ».

Ici le rapport de l’IG

Ici la lettre de M. Bayrou

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